TOURS - CLUB DE FOOTBALL

Toute l'actualité du club de Tours, les résultats et toutes les news en direct ! Blog non officiel et indépendant du Tours FC


Interview Eric Chelle, capitaine du RC Lens

Publié par TOURS FOOTBALL CLUB sur 27 Mars 2009, 16:05pm

Catégories : #Saison 2008-2009 : Ligue 2


Eric Chelle, capitaine du RC Lens :
« Tout faire pour gagner à Bollaert »



Ecarté des terrains pendant quelques semaines en raison d'une blessure au mollet avant d'être présent sur le banc à Guingamp, Eric Chelle pourrait faire son retour à la compétition à l'occasion de la prochaine réception du Tours FC. C'est un capitaine lensois volontaire qui répond, ici, aux questions des journalistes présents ce vendredi à la Gaillette, n'hésitant pas, au passage, à régler quelques comptes ...



Eric, Lens est leader de la Ligue 2, face à Tours vous ferez tout pour prendre les trois points… Il n'y aura pas de problème ?

Bien sûr ! Nous avons envie de prendre les trois points. Mais l'envie, ce n'est pas suffisant. Tous les matchs sont difficiles. La seule certitude, c'est que lorsque les équipes jouent le Racing club de Lens, elles font un très bon match. C'est la seule certitude. Nous, cela fait longtemps que nous n'avons pas gagné chez nous. Nous avons envie de gagner à Bollaert, et nous allons tout faire pour.

C'est assez rare, pour un leader, d'être aussi inquiet ?

Je ne suis pas du tout inquiet ! Nous avons six points d'avance sur le quatrième ! Mais c'est normal d'avoir des doutes, il y en a toujours. Mais j'ai envie de gagner tous mes matchs. Nous sommes tous bien dans notre tête, dans le groupe. Nous n'avons pas gagné pendant quatre matchs, c'est normal que nous soyons un peu inquiets mais la situation n'est pas alarmante !

Penses-tu que vous avez un manque d'agressivité lorsque vous jouez à Bollaert ?

C'est vrai qu'il faudrait que l'on soit plus agressif, que l'on se comporte plus un leader, en faisant plus mal et en montrant plus aux gens que nous sommes le Racing club de Lens ! Il faut s'imposer dans les duels et l'impact physique. Dans le jeu, nous sommes moins bien. Dans l'état d'esprit, nous devons être au top ! Quand on a joué à l'extérieur, nous avons gagné certains matchs en étant solide. Mais il y en a qui ont été difficiles aussi.

En tant que capitaine, prends-tu plus à cœur ton rôle en ce moment ?

Cela fait longtemps que je n'ai pas joué. Je vais déjà essayer de bien revenir. J'ai fait les déplacements à Angers et Guingamp. J'ai donc parlé un peu avec les garçons avant les matchs. Il faut que nous soyons plus méchants. Face à Ajaccio, même si nos adversaires ont fait un bon match, ils ont été avant tout meilleurs que nous dans les duels. C'est ça qui a fait la différence. Ils étaient costauds. Même s'il y a eu quelque fois des étincelles, dès le départ nous n'étions pas dans les duels.

En Ligue 2, il faut se faire violence…

Depuis le début de la saison, on le dit et on le sait. La Ligue 2 est avant tout un championnat physique. Il faut être au top dans les courses et le rythme, et être plus fort que l'adversaire. Les matchs se jouent essentiellement là-dessus. Les matchs où nous n'avons pas eu de résultats, c'est justement où nous avons pêché physiquement et dans l'agressivité. Au niveau du jeu, ce n'est pas catastrophique mais nous sommes à un stade où nous devrions avoir progressé par rapport au début de saison ! Nous n'avons pas régressé au niveau du jeu mais nous n'avons pas progressé… Même si nous sommes plus efficaces. Nous avons les individualités. C'est d'ailleurs essentiellement grâce à elles que nous avons gagné nos matchs.

Comment passe-t-on du constat au fait ?

Si j'avais la réponse, je ne serais pas en Ligue 2 aujourd'hui. Je serai un grand joueur. Là, je suis un joueur de Ligue 2 avec tout ce que cela comporte. Nous avons envie de monter en Ligue 1. La seule chose que nous pouvons faire, c'est tout donner et avoir confiance en nos dirigeants, nos potes et nos supporters. Il faut aller de l'avant. Quand l'état d'esprit est un peu moins bien, c'est là que nous perdons nos matchs. Si nous sommes au top au niveau du mental et de la solidarité, nous pouvons gagner le match. A un moment donné, une individualité fera la différence mais tout le monde doit être présent pour arriver à ce moment-là.

Ton constat a changé depuis le début de saison ?

Non, non ! Mon constat est le même depuis le début de la saison ! Cela me fait rire car j'ai l'impression, qu'aujourd'hui, c'est moi le journaliste et que vous, vous défendez l'équipe. C'est un peu bizarre. Depuis le début de la saison, ce sont les journalistes qui nous attaquent le plus. Etes-vous conscients que ce qui nous fait du mal, ce sont les papiers que vous écrivez ? Vous faites votre travail, je le conçois très bien. Quand le spectacle n'est pas au rendez-vous, les supporters sifflent, c'est normal. Les journalistes écrivent que Lens n'a pas été bon, c'est normal. Mais il y a des choses à ne pas mettre. Quand vous n'avez rien à écrire, vous faites des papiers sur Daniel Leclercq en disant que les joueurs se sont ligués contre lui… Si cela ce n'est pas foutre la merde dans une équipe et un club ?! Cela apporte quoi ? Juste quatre matchs sans victoire du Racing club de Lens ! Je ne mets pas de lien de cause à effet mais je constate... En lisant de tels papiers, on se pose des questions et pendant ce temps-là, on ne se prépare pas pour le match. Ce n'est pas normal. Même si nous sommes des joueurs professionnels et que nous avons un objectif commun, nous sommes avant tout des êtres humains ! Quand on attaque les gens, il faut concevoir que le joueur a une famille. Quand Grégory Vignal se fait siffler, je pense que sa famille est un peu dégoutée. Je conçois très bien, qu'avec les matchs que nous avons faits à la maison, nous nous fassions siffler. Mais par contre, des journalistes qui écriraient « Grégory Vignal est un peintre ! »… Cela attaque l'homme. Maintenant, je ne pense que cela soit la raison première mais vous ne me contredirez pas quand je vous dis que vous ne nous avez pas aidé depuis le début de la saison. Nous n'avons qu'une envie, c'est de remonter en Ligue 1. Ce n'est pas parce que je constate que notre jeu est très moyen que je vais tout remettre en question. Avant chaque match, quand je lis les journaux, il n'y a pas de choses pour nous mettre dans de bonnes conditions. Mais c'est normal car Lens est un grand club. Quand j'étais à Valenciennes, ce n'était pas comme cela. Les journalistes allaient dans le sens du club, et tout le monde poussait ensemble. Maintenant, il faut que je m'habitue à ces petits « quiproquos »… C'est dur à avaler et cela nous fait mal. C'est notre métier. Mais le plus important est de savoir pourquoi, à domicile, nous ne donnons pas les trois points à nos supporters.

 


Propos recueillis par Leïla Talbi - www.rclens.fr