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Interview Rolland Courbis avant Tours FC - Montpellier HSC

Publié par TOURS FOOTBALL CLUB sur 19 Mai 2009, 23:10pm

Catégories : #Saison 2008-2009 : Ligue 2


Rolland Courbis, entraîneur de Montpellier : « La roue a peut-être tourné »


Dans le sprint final pour la montée en Ligue 1, Montpellier disputera vendredi, à Tours, un match qui peut, déjà, le propulser au paradis. Rolland Courbis en est bien conscient et le dit sans détour : son équipe visera la victoire en Touraine, pour garder son destin entre les mains. Confiant dans l’efficacité actuelle de ses joueurs, qui restent sur quatre victoires de rang, coach Courbis n’exclut cependant aucun scénario, même le pire. Il redit aussi son envie de rester, pour donner un coup de main en cas de montée en Ligue 1.



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Il ne vous manque que quatre points pour finir cette saison en Ligue 1 ?
Même pas. Si on gagne vendredi à Tours, ces trois points de la victoire pourraient suffire. Ça se compliquerait avec un nul et plus encore si nous venions à perdre là-bas, car nous n'aurions plus notre destin entre les mains. Le calendrier nous propose deux matches contre Tours et Strasbourg, des rivaux directs pour la montée en Ligue 1, ce n'est pas évident mais c'est passionnant.

Tours est intraitable à domicile depuis un bon moment, la tâche s'annonce difficile...
Guingamp était aussi sur une bonne dynamique quand nous sommes allés gagner en Bretagne la semaine dernière. Les Bretons restaient sur une victoire en Coupe de France contre le Stade Rennais, et pourtant nous avons réalisé l'exploit au Roudourou.
Ces statistiques sur les séries des uns et des autres ne veulent pas dire grand-chose. Je serais aussi inquiet si Tours venait d'enchaîner trois défaites de suite. Le résultat qui nous emmerde, c'est le point ramené par les Tourangeaux de Reims vendredi dernier. Ça nous complique la vie mais je remarque aussi que Tours a l'obligation de gagner pour nous passer devant, et qu'il n'est pas si simple de battre le Montpellier Hérault actuellement...

Après avoir assuré le maintien sur quatre matches il y a deux saisons, vous êtes décidément l'homme des sprints...
A l'époque, pour garder Montpellier en Ligue 2, on avait gagné trois matches consécutifs contre Le Havre, à Ajaccio et face à Grenoble. On peut faire un rapprochement avec nos quatre victoires successives contre Troyes, Angers, Guingamp et Ajaccio cette saison, mais sincèrement ce n'est pas la même chose. Jouer le maintien, c'est beaucoup plus angoissant. Quand Montpellier est menacé de descendre en National tu as l'impression de mourir. Derrière une telle relégation, il y a forcément des licenciements et un club au bord de la rupture. Jouer la montée en revanche, c'est super. Je suis hyper motivé par cet objectif mais depuis le début de la saison j'ai toujours essayé d'apporter ma décontraction, de relativiser les résultats quels qu'ils soient. Quand je prépare un match, j'envisage tous les cas de figure et quand il y a malheureusement échec, je suis certainement moins abattu que certains de mes collègues.

Quelle est la clef de l'actuelle réussite du MHSC ?
Entre une défaite et une victoire par un but d'écart, ça se joue à pas grand-chose. Je ne vois pas une grande différence entre le match que nous perdons à Vannes un but à zéro et celui que nous gagnons par le même écart, à Guingamp. La réussite ou l'échec tient parfois à un fil, à une erreur, à un exploit individuel, à un gardien, un attaquant, un coup de sifflet... Vous retrouvez aussi des joueurs en forme au bon moment, on songe à Philippe Delaye, notamment...Philippe, c'est notre petit plus actuellement. Il a malheureusement été souvent blessé mais en contrepartie, aujourd'hui il a plus de fraîcheur que certains.

Le groupe n'est-il pas plus mobilisé à l'approche de cette fin de saison et d'une possible accession ?
Nous avons toujours joué avec la même motivation et il en faut pour gagner dix-huit matches sur trente-six, car c'est notre bilan. Quand on est le club de Louis Nicollin, Michel Mézy et Rolland Courbis, on est attendu partout. Tout le monde à envie de gagner contre Montpellier. C'est la rançon de la notoriété, il faut assurer. En fait, nous avons payé cher nos six premiers matches qui étaient moyens. Nous les avons traînés tout au long de la saison. La défaite à Strasbourg, lors de la première journée, sur un coup franc qui n'existait peut-être pas, nous a mis tout de suite un sérieux coup de frein. Dans le même temps, ce résultat lançait les Alsaciens vers les sommets...

Dans les moments difficiles, Louis Nicollin ne vous a pas épargné...
Loulou, c'est un passionné. Il s'emporte vite. Je ne m'arrête pas à une réflexion. Je connaissais sa personnalité avant de débarquer à Montpellier, je n'ai donc pas été surpris. Même s'il y a eu parfois quelques réflexions "délicates", je n'ai jamais voulu polémiquer. Il aurait fallu que je sois stupide. Et puis, il est tout à fait normal que le président soit mécontent quand son équipe est mauvaise. C'est tellement logique.

On a l'impression, en revanche, que c'est maintenant l'union sacrée, si près de la montée ?
L'ambiance a toujours été très bonne au sein du groupe. Après les défaites contre Nîmes et Lens, on aurait pu sombrer. Le groupe est resté soudé. Il ne s'est jamais découragé. Au soir de Lens, on s'est dit qu'il restait une toute petite chance et qu'il fallait la jouer à fond. Avec la réussite qui nous accompagne depuis quatre rencontres, tout est forcément plus facile. Avec la victoire à Troyes, dans un scénario ou nous gagnons à cinq minutes de la fin après avoir été rejoints au score, et le succès contre Angers dans les arrêts de jeu, on se dit que la roue est peut-être en train de tourner...

Ne serait-il pas tentant d'entraîner le Montpellier Hérault en Ligue 1 ?
Dans tous les cas, la solution René Girard pour me succéder est une bonne idée. C'est un entraîneur qui connaît le football. La saison prochaine, quoi qu'il advienne, on vivra l'expérience tous ensemble. Je l'ai déjà dit et je le répète, si par bonheur on monte en Ligue 1 et si Louis Nicollin a besoin d'un coup de main à l'intersaison, je réfléchirai deux fois avant de dire non. Je serai là. Je ne partirai pas comme un voleur le 29 mai au soir du match contre Strasbourg. Je passerai le mois de juin à Montpellier. Si on me le demande, je serai là pour donner mon point de vue, avec professionnalisme et affection, sur le choix de certains renforts.

L'effectif actuel de Montpellier peut-il jouer un rôle intéressant en Ligue 1 ?
Oui. Il faudrait bien sûr trois ou quatre sérieux renforts mais en plus du groupe professionnel actuel, Montpellier peut miser sur des jeunes qui arrivent à petits pas et sur d'autres qui arrivent à grands pas, comme le prouvent les résultats de l'équipe réserve en CFA et la victoire en Coupe Gambardella. L'avenir de Montpellier est là. Il y a un réservoir, un potentiel. A ce niveau, le club a vraiment fait du bon boulot au cours des dernières années.

Et si Montpellier ne montait pas, pourrait-on parler d'échec pour le club et pour Rolland Courbis ?
On ne va pas jouer sur les mots. Il y aurait échec si on finissait à dix points. A un petit point, ce serait dramatique ...

 

 

Midi Libre