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Interview Olivier Giroud après Tours FC - Angers SCO

Publié par TOURS FOOTBALL CLUB sur 30 Novembre 2009, 01:34am

Catégories : #Saison 2009-2010 : Ligue 2


Avec ses douze buts, Olivier Giroud tient le haut du pavé de la Ligue 2. Ce n'est pas une surprise, juste une confirmation. La saison dernière, il pointait à treize buts (championnat et Coupe).

Cet athlétique attaquant (1,92 m, 88 kg) polarise l'attention de tous les clubs français de Ligue 1, de nombreux clubs anglais, italiens et allemands. Sa vie est en train de changer, mais sa richesse n'est pas, paradoxalement, celle qui est attachée à ses crampons mais celle qui se situe dans sa tête et son cerveau, parce qu'Olivier Giroud est un garçon intelligent, simple, bien élevé. « Le gendre idéal », a souligné France-Football. « Plus le genre Ibrahimovic que Hoarau », a ajouté Max Marty, manager général du Tours FC. Mais avant d'être tous ces modèles, Olivier Giroud a été un enfant. Ou comment le rêve peut devenir réalité.


Qu'est ce-que cela fait de vivre tout en haut ?

« Je vis bien le fait d'être grand (il rit). A 12 ans, je faisais 1,73 m… Puis, j'ai grandi soudainement. J'ai de la chance, car la mode actuelle est aux footballeurs athlétiques, ce qui n'était pas vrai il y a 15 ans. Mais je suis aussi un rescapé… »

C'est-à-dire ?

« Au centre de formation de Grenoble, nous étions vingt, deux sont aujourd'hui pros dont moi… Vous voyez, beaucoup sont restés sur le carreau. Je n'oublie pas cet écrémage. C'est un monde qui peut être cruel. Le monde des rêves brisés. »


Comment vous en êtes-vous tiré ?

« Stagiaire pro, je revenais chez mes parents le soir. Cocooné. Ça m'a permis de ne pas me mettre la pression. Nous étions une famille normale, soudée. L'argent n'a jamais été notre moteur. Mon frère m'a conseillé. Il a été stagiaire pro à Auxerre… Mes parents m'ont toujours donné le sens des valeurs. Aujourd'hui encore, ma mère me rappelle pour me dire : dors bien, mange bien… » (il sourit).


Les études ?

« Un Bac ES et un DEUG. j'en suis fier parce que ? croyez-moi, mener de front foot et études, cela vaut une médaille d'or ! »


A quel moment le vrai déclic a-t-il eu lieu ?

« La vie est faite de choix. Un moment, j'ai quitté le cocon de Grenoble pour aller jouer à Istres. J'étais seul, je faisais la cuisine, le ménage, ma lessive. C'est là que j'ai grandi… Ensuite, j'ai décidé d'aller à Tours. C'était aussi un risque. A la fin de cette saison, je devrais partir, pour un club où l'entraîneur me désire vraiment. C'est le premier argument à 80 %, le second c'est la qualité de l'effectif. Je suis venu à Tours pour ces raisons. »


Il paraît que Bazdarevic, le coach de Grenoble, a dit que vous n'aviez pas le niveau de la L2 et encore moins de la L1 ?

« Oui, il l'a dit. Mais je ne lui en veux pas. C'était davantage le dépit de me voir partir, je pense. »


D'où vous viennent ces qualités de buteur ?

« J'ai toujours marqué. En fait, il faut être obstiné, presque obsédé par le but. Il faut du sang-froid, une bonne qualité de frappe. Il faut beaucoup travailler à l'entraînement pour effectuier en match le geste automatiquement, à l'instinct. »


Vous êtes croyant. Comment concilier ce monde cruel et l'amour du prochain ?

« Attention, si je prends une claque, je ne tends pas l'autre joue ! Mais la religion m'aide à vivre, il y a des principes de vie qui sont bons à suivre. J'ai une étoile, je la suis. »


On vous dit gentil. Trop gentil ?

« Je sais. Mais je ne renie rien. On me disait aussi indolent. Mais je me suis fait violence pour progresser. Vous savez, ce n'est pas facile, il faut prendre du recul, digérer tout ça ; aujourd'hui, je suis hyper sollicité. Il faut rester naturel, ne pas se prendre la tête, ne pas trop vouloir prouver… Je vois bien que mon statut a changé, mais je fais tout pour vivre le présent. L'avenir viendra bien à temps… Avec Tours, je veux devenir meilleur buteur. Je ne vois pas plus loin que l'année prochaine. Imaginez que je me blesse. A quoi cela sert-il de se projeter dans trois, quatre ou cinq ans ? »


Et vous n'avez que 23 ans…

« Oui. Mais d'un autre côté, je veux aussi rêver, comme quand j'étais enfant. Le foot, c'est aussi ça. Et quand le rêve devient réalité, alors là, c'est formidable. »


Vous, le buteur, comment jugez-vous la main de Henry ?

« Je ne la juge pas. Cela fait partie du jeu. Un geste instinctif. J'entends des gens dire qu'il aurait dû se dénoncer, mais s'il l'avait fait, il aurait été pris pour un con… Dans le foot de haut niveau, il y a des règles et un arbitre. On ne peut pas se substituer à l'arbitre. Regardez les Irlandais qui ont battu la Georgie sur un penalty bidon. Ils n'ont rien dit. Et contre la France, Keane a fait plusieurs mains… vues par l'arbitre. Le jeu appelle la faute. Il y a pas mal de roublardise. Parfois, ça vous sert, parfois, non. On n'y peut rien changer. »


Source : La Nouvelle République