Découvrez le gros plan réalisé par le quotien L'Equipe au sujet du nouveau goaleador de la Ligue 2, Abraham Guié-Guié.
Le TFC ne pensait pas tourner la page aussi vite. Le chapitre Olivier Giroud (22 buts la saison passée), parti tenter l'aventure à Montpellier, est déjà oublié, passé de mode. Cet été, à Tours, Abraham est arrivé. Abraham Guié Guié, 24 ans, que les recruteurs tourangeaux sont allés chercher en Hongrie. Ils ont déniché un trésor. L'Ivoirien culmine déjà en tête du classement des buteurs avec six réalisations en trois journées. Et surtout, il a déjà signé deux chefs-d'oeuvre, avec deux triplés inscrits à domicile. Il a régalé les supporters du Stade de-la-Vallée-du-Cher contre Sedan (4-3) et Clermont (3-2), deux équipes foudroyées par le prophète Abraham, pas perturbé pour autant. « Ça me fait plaisir », dit-il simplement dans un français approximatif et hésitant. Pourtant, Abraham Guié Guié est un survivant dans ce milieu impitoyable. Il a connu des galères qui en auraient découragé plus d'un. Lui a tenu bon. « Il fallait s'accrocher, ne pas lâcher prise et toujours bosser. »
Il évoque la chance...
En Hongrie, au Honved Budapest, il est arrivé un peu jeune. « J'étais souvent sur le banc et on m'a envoyé en Afrique du Sud (six mois au Jomo Cosmos, ndlr). Là-bas, j'ai joué mais le club m'a rapatrié. Ça m'a un peu cassé le moral. Sans beaucoup de travail, je ne serais pas là. Je suis content d'être à Tours, je suis heureux.» Et son portable n'arrête pas de sonner. « Ça me change beaucoup même si déjà en Hongrie, les gens m'appelaient quand je faisais de bons matches. La famille prend de mes nouvelles à chaque match, pour me réconforter. La famille, pour moi, c'est sacré. Ils sont très fiers de moi. » Sa réussite, il a bien du mal à l'expliquer. « Je ne sais pas... Mes buts arrivent comme ça, c'est dans le jeu. Ça vient avec la chance. » D'une humilité désarmante, il préfère mettre en avant la réussite d'un collectif performant. « Je dois ma réussite à mes collègues. Sans eux, je ne suis rien. » Parfaitement adapté à sa nouvelle vie, il reconnaît néanmoins que ce Championnat de L2 « n'est pas si facile. » « Je ne m'attendais pas à ça. Mais c'est bien, je me fais voir davantage qu'en Hongrie. C'est un football plus médiatisé. »
Si sa vitesse affolante, sa percussion déconcertante et ses dribbles endiablés font de lui l'attaquant le plus bouillant du Championnat, l'Ivoirien sait qu'il lui reste à travailler un détail pour être vraiment complet. « Je suis très faible du pied gauche », avoue-t-il. « Daniel Sanchez me donne des conseils, comme il a été bon joueur. Il me dit comment je dois me déplacer pour me mettre en position de but. » Ambitieux, il veut accrocher la montée. « Mon objectif ne se chiffre pas en nombre de buts. Je dois d'abord aider l'équipe à avancer. Tours peut viser l'accession. Il faut voir loin. » La prochaine étape, donc, c'est la L1, que Tours a quitté il a 17 ans. Il rêve de jouer un jour à Marseille. A l'étranger, Manchester United et le FC Barcelone le font fantasmer depuis tout petit. La route est encore longue mais à ce rythme, tout est possible. Laurent Koscielny, qui jouait en L2 à Tours il y a deux ans, est aujourd'hui titulaire à Arsenal. Ça laisse rêveur.
Recueillis par David Michel
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