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Interview Max Marty : «Travailler pour une montée légitime !»

Publié par TOURS FOOTBALL CLUB sur 29 Juillet 2010, 23:42pm

Catégories : #Saison 2010-2011 : Ligue 2

Découvrez une interview du manager du club tourangeau, Max Marty, avant le début de la nouvelle saison 2010-2011. "On travaille la structure pour que demain notre montée ne soit pas celle d'un exploit mais bien comme quelque chose qui apparaisse aux yeux de tous comme légitime et normal !"

 

max-marty

 

Tours entame sa troisième saison consécutive en Ligue 2. Comment vous, Daniel Sanchez et le président Frédéric Sebag l'abordez-vous ?
On pense d'abord que, comme tous les ans, ce sera une année difficile. On sait que la crise frappe un peu le football français, peut-être un peu moins la Ligue 2 que la Ligue 1, mais on se doit d'être raisonnable dans nos investissements. Nous, on a la chance d'avoir des comptes équilibrés depuis maintenant plusieurs années, donc d'avoir une certaine sécurité financière, des fonds propres et cohérents. On va alors continuer sur cette lignée économique. Et sportivement, je crois qu'on est en train de s'installer dans les quarante meilleurs clubs français. Comme toute ville ou club ambitieux, on a très envie un jour de construire avec des structures qui nous permettent à terme d'évoluer parmi les vingt meilleurs clubs français. Il n'y a pas d'urgence pour cela mais je crois si on n'avait pas cette ambition-là, il ne faudrait pas participer au championnat.

Que voulez-vous dire ?
Je veux dire qu'on n'est pas dans l'obligation de monter mais dans l'idée, tous les ans, d'offrir un spectacle de qualité, de progresser et de faire progresser nos joueurs grâce à un staff qui est maintenant reconnu. Ce qui se traduit par une qualité tournée vers l'offensive assez intéressante, avec quelques joueurs qui ont rejoint l'élite dans les deux-trois dernières années. Et on voudrait qu'à l'avenir ce ne soit pas quelques joueurs qui évoluent en élite mais notre club tout entier. Donc on travaille la structure pour que demain notre montée ne soit pas celle d'un exploit, comme certains peuvent le réaliser, mais bien comme quelque chose qui apparaisse aux yeux de tous comme légitime et normal.

Votre effectif pour la nouvelle saison a beaucoup évolué, pratiquement deux-tiers du groupe est nouveau...
Oui, on est souvent dans la modification de l'effectif mais on fait toujours les choses en étroite collaboration avec notre staff, avec notre entraîneur Daniel Sanchez, donc il n'y a pas de surprise dans les choix des joueurs. On espère en tout cas qu'ils se rapprocheront du style de jeu souhaité.

Justement, vous attendez-vous à ce que le groupe soit tout de suite opérationnel, pour affronter notamment Vannes en Coupe de la Ligue ?
On est dans la compétition, donc on est condamné à être performant. C'est vrai qu'avec le staff, on voudrait un maximum de joueurs tout de suite, il nous manque encore un, deux peut-être trois joueurs d'ici fin août ou le mercato de janvier. Mais on croit qu'on a déjà une équipe capable d'être opérationnelle rapidement et d'être efficace pour ce premier tour de Coupe de la Ligue parce que le championnat commence dans quinze jours, la Coupe ce week-end... L'équipe est conçue, au niveau de la préparation sportive, pour être opérationnelle dès la reprise. Même si comme la plupart des clubs, nous n'avons pas pour l'instant tout notre effectif.

Quel est le profil des joueurs attendus?
On cherche encore un défenseur central, un 6/8 qui peut jouer "box-to-box" et éventuellement un attaquant.

Vous n'êtes pas le seul club de Ligue 2 qui n'a encore bouclé son recrutement, comment expliquez-vous que le marché soit si bloqué cette année?
D'abord, on est dans une logique de risque minimisé. Ensuite, les droits TV offrent moins de lisibilité pour l'avenir. Puis, le gros élément, qui déclenche de l'argent en France, ce sont les transferts qui sont faits à l'international, les joueurs français qui sont notamment vendus à l'étranger. On a vu cette année qu'il y avait peu de mouvements dans ce sens et c'est peut-être une des raisons qui fait que le marché est difficile. Les choses bougent peu. Et les patrons du football français, qui sont aussi des chefs d'entreprise, se doivent d'être prudent.

 

Vous avez enrôlé un Coréen qui évoluait en Australie (Jin-Hung Song), un Ivoirien de Hongrie (Abraham Guie Gneki) et vous avez failli faire signer un attaquant slovaque (Jan Novak). Ce sont des réseaux peu communs. Est-ce encore là une nécessité économique pour Tours?
Tout à fait. Je pense qu'aujourd'hui on s'inscrit comme un équipe de Ligue 2 correcte, qui doit normalement finir dans les dix premiers du championnat. On a une bonne image mais ce n'est pas simple de recruter sur le marché français. Donc on a essayé de faire sur ce marché ce qui était possible. Et ensuite, pour les postes les plus complexes, les postes d'attaquants, qui sont sur des valeurs financières importantes, on a décidé avec notre staff de se tourner vers des pistes moins communes. Un Coréen, un Ivoirien qui jouait au Honved Budapest et Novak qui, malheureusement, n'a pas passé le cap de la visite médical mais avec qui nous avions trouvé un accord. Donc c'est vrai qu'on est obligé de regarder vers des pistes un peu plus exotiques parce que le marché français est cher. Le temps que tout le monde s'aperçoive que ce marché est difficile et que la baisse soit réelle, il faudra encore attendre quelque temps.

Les retombées du transfert de Laurent Koscielny, à Arsenal, vont-elles vous aider ?
Bien sûr. On a eu la chance de vendre Olivier Giroud, d'avoir des retombées avec le transfert de Koscielny. On fait partie aujourd'hui de ces clubs de Ligue 2 qui ont une certaine maîtrise sur leurs finances mais ce n'est pas pour cela que l'on doit faire n'importe quoi. Ce qui fait notre force depuis trois ans, ce sont des éléments de gestion donc on est aussi attentif à l'évolution économique du marché du football. On ne sera pas des franc-tireurs dans ce domaine.

Le club se construit petit à petit, vous venez notamment d'acquérir de nouvelles installations...
C'est un endroit assez exceptionnel, qui doit placer nos structures parmi les dix meilleurs clubs français professionnels. On va pouvoir y trouver le siège de l'association, le centre de formation, le centre d'entraînement des pros, des pôles d'autres sports qui vont venir se rajouter sur des éléments mutualisables par tous. Un projet très original, très social, qui devrait faire de nous quelques chose d'assez innovant dans le sport.

Vous allez donc pouvoir vous appuyer sur de jeunes joueurs désormais ?
C'est indispensable je crois. Aujourd'hui, un club de province comme nous ne peut réussir qu'en ayant un projet de formation abouti.

 

Propos recueillis par Sports.fr